Richie Sambora, "Stranger In This Town"

Richie Sambora, "Stranger In This Town"
Guitariste au feeling incomparable,à la hauteur de Slash ou Joe Perry, Richie Sambora (guitariste de Bon Jovi) sort en 1991 cet album absolument monstrueux, ça a vraiment été la grosse claque en l'écoutant...
De l'excellent rock n'roll, une voix de buveur de whisky accroc aux malboros, bref tout ce que j'aime....
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# Posté le mardi 23 octobre 2007 19:13

Jean-Marc Rouillan raconte l'isolement...

Dès février 1987, Jean-Marc Rouillan avait été placé au quartier d'isolement (QI) de la prison de Fresnes à la demande des juges Vuillemin et Bruguière. En mai 1987, il passe au régime de « semi-isolement » : seul en cellule, mais à trois en promenade. Mauvaise nouvelle en août : retour à l'isolement total, mesures renforcées...

De décembre 1987 à avril 1988, soit cinq mois durant, il entreprend une première grève de la faim, qui le conduira à l'hôpital (toujours à l'isolement total) et le ramènera mécaniquement au QI de Fresnes. En juillet 1988, le nouveau ministre de la justice, Pierre Arpaillange, affirme devant l'Assemblée qu'il ne sera pas « un ministre de la torture ». Il annonce la sortie des QI de tous les politiques comme mesure d'urgence. Rouillan est placé en cellule normale. Mais les gardiens manifestent devant sa cellule, et la droite proteste.Michel Rocard, premier ministre, cède. Jean-Marc Rouillan fera partie d'un groupe de huit détenus remis à l'isolement total. En tout et pour tout, il y aura passé sept ans...


"Qu'est-ce que l'isolement ? Une cellule pour soi tout seul, certes pourvue de récepteurs de radio et de télévision, et le droit de recevoir les journaux (à condition d'y être abonné) et un courrier évidemment censuré. Parfois un crayon et du papier. Mais surtout l'absence totale d'interlocuteurs autres que ses propres surveillants. « Vous êtes pris dans un marais brumeux, sans limites, sans repères, et les jours passent. Beaucoup d'isolés craquent, souvent se donnent la mort ou perdent la raison comme mon camarade Cipriani. On pense beaucoup. On pense toute la journée. Le cerveau ne s'arrête pas.
C'est un voyage intérieur. Les murs de la cellule deviennent une autre peau. Et la pensée tourne en rond. Très peu de stimuli dans la journée donc, le passé, le présent, le fantasme, tout se mélange. Dans une réflexion ininterrompue, qui tourne en boucle, souvent, malheureusement. C'est pour ça qu'on parle de torture. Les gens ne comprennent pas comment rester immobile sur un tabouret peut être qualifié de torture. C'est une torture. C'est une torture parce qu'on est seul"

Jean-Marc Rouillan

# Posté le vendredi 28 septembre 2007 11:22

Jean-Marc Rouillan, peut être la fin de la détention...

Jean-Marc Rouillan, peut être la fin de la détention...
C'est la bonne nouvelle de la semaine même si l'issue en est encore incertaine, Jean-Marc Rouillan, co-fondateur d' Action Directe, vient de se voir accorder un régime de semi-liberté, après 20 années passées en prison. Pourtant, en octobre 2005, le tribunal d'application des peines de Tarbes avait rejeté la demande de libération conditionnelle de Rouillan. Depuis 2006, la juridiction parisienne centralise les demandes de libération conditionnelle pour les personnes condamnées pour des faits à caractère terroriste.
Je parlais d'une issue incertaine, car le Parquet de Paris vient de faire appel de cette décision, estimant que son projet professionnel n'était pas sérieux et qu'il pourrait reprendre la lutte armée, ce qui a mon avis est ridicule. Je vois mal un homme de 55 ans atteint d'un cancer aux poumons replonger dans la lutte armée...Il est l'un des derniers prisonniers d'Action Directe encore détenus.

Joëlle Aubron, libérée en 2004 pour des raisons de santé, n'a pas survécu au cancer du cerveau qui la rongeait,et est décédée en 2006. Nathalie Ménigon quant à elle s'est vu accorder un régime de semi-liberté depuis 2006. Elle travaille désormais dans un centre de réinsertion spécialisé dans l'aménagement d'espaces verts avant de rejoindre sa cellule dans le quartier des femmes de la prison de Seysses, située à une vingtaine de kilomètres au sud de Toulouse. Georges Cipriani,encore détenu en Alsace, a lui aussi fait une demande de libération qui sera examinée début novembre.

Ce serait donc la semi-liberté pour Rouillan. Dans le cadre de cet aménagement de peine décidé par le tribunal d'application des peines, Jean-Marc Rouillan devrait verser 30% de son salaire au Trésor public et aux familles des victimes pour les indemniser, a précisé Me Chalanset,son avocat. Il lui serait également interdit pendant un an de s'exprimer sur les faits par quelque moyen que ce soit. Toujours selon son avocat, il serait a priori défendu à son client d'entrer en contact avec les autres membres d'Action Directe, même Nathalie Ménigon,pourtant son épouse depuis 1999...

Les éditions "Agone" de Marseille ont proposé d'embaucher Jean-Marc Rouillan, en contrat à durée indéterminée comme éditeur. Il a déjà publié trois livres dans cette maison d'édition et a travaillé sur deux autres en tant qu'éditeur.

J'espère donc que cette semi-liberté lui sera accordé, même si je ne comprend pas pourquoi on n'accorde pas aux anciens d'Action Directe la liberté tout simplement,les faits qui leurs sont reprochés remontant à plus de 20 ans,période qu'ils ont entièrement passé en prison...

# Posté le vendredi 28 septembre 2007 05:14

Soutien aux prisonniers d' Action Directe

Soutien aux prisonniers d' Action Directe
Après 20 années de détention,il est plus que temps de laisser sortir les derniers membres d' Action Directe encore détenus. Il est étrange de constater à quel point la justice peut être dure et pointue lorsqu'il s'agit de prisonniers politiques d'extrême gauche...
Pourtant ce statut de prisonnier politique ne leur a jamais été accordé, ce qui est absolument incohérent quand on sait qu'ils ont été arrêtés et incarcérés pour le motif de la lutte armée d'extrême gauche. Ajoutez à ça les tortures et les mauvais traitements subis en prison(On peut citer comme exemples du passé les très étranges "suicides" d'Andréas Baader et d'Ulrike Meinhof détenus en Allemagne), leur détention sous statut spécial de "détenu particulièrement signalé" (DPS) qui les soumet notamment à l'isolement, au droit de visite limité et à une surveillance accrue permanente...

Tout cela laisse quand même perplexe, surtout quand on sait que de nombreux dirigeants,de la classe politique,du milieu des affaires sont régulièrement mis en cause dans des affaires de détournement de fonds,d'abus de biens sociaux, de traffic d'armes et j'en passe....et ne sont quasiment jamais inquiétés...
On peut donc vraiment dire qu'il y a une justice à 2 vitesses. Une justice incroyablement compréhensible et tolérante pour les gens qui ont le pouvoir et qui en font ce qu'ils veulent, l'utiliser à des fins personnelles,affamer la population...et une justice exemplaire et pointue pour ceux qui se révoltent contre le pouvoir.Mais ceci n'est pas une découverte.
Quand on sait que les deux principaux protagonistes de l'arrestation des membres d'Action Directe en 1986 furent Robert Pandraud à l'époque ministre de la Sécurité (homme d'extrême droite,ancien du S.A.C avec tout ce que cela implique,mis en examen dans plusieurs affaires de corruptions....), et Charles Pasqua alors ministre de l'Intérieur (le recordman des condamnations,le champion des mises en examen, ancien dirigeant du S.A.C avec tout ce que cela implique encore une fois....).
Cela fait réfléchir...
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# Posté le vendredi 28 septembre 2007 04:48

Modifié le vendredi 28 septembre 2007 10:55

Jean-Marc Rouillan raconte les tortures en prison...

Jean-Marc Rouillan raconte les tortures en prison...
Lundi 17 mai.

Au rez-de-chaussée devant la télé, la question de la torture tomba sur le tapis après quelques images volées à Abou Ghraib. Nabil, Fati, José... se remémorèrent les brutalités et les humiliations subies avant d' atterrir à Moulins et d'autres cas dont ils connaissaient les malheureux protagonistes. Rien d'exceptionnel. De nos jours, les témoignages de mauvais traitements abondent dans les prisons de France. Tabassages et vexations ordinaires... pas une semaine sans apprendre qu'un tel ou tel autre a été décarcassé.

« Des matons l'ont roué de coups puis ils lui ont pissé sur la gueule. » Transféré au centre de détention d'Eton, Nabil est revenu à peine quelques semaines plus tard après une raclée mémorable et quarante-cinq jours de mitard. « Ils ont essayé de m'étrangler... un maton énorme me serrait la gorge pendant que ses collègues me bourraient de coups de poing. Je me suis évanoui. Et au cachot, toutes les nuits, je flippais qu'ils entrent à nouveau... pour m'accrocher. » Ils nous font bien marrer avec leur commission anti-suicide. Tant qu'ils ne soulèveront pas le couvercle de la violence ordinaire à la pénitentiaire, ils tourneront autour du pot. J'ai pris Nabil à part. « Ton histoire m'intéresse, j'en ferai ma prochaine chronique pour CQFD... On se voit demain. »




Mardi 18 mai

Le jour n'est pas levé. La vague impression de l'ouverture de la porte m'éveille. Immédiatement des ombres sautent sur mon lit. Un coup, deux... Sous la couverture impossible de me défendre. Ils sont au moins deux... trois peut-être ? Ils me prennent à bras le corps pendant que le premier entré me couvre le visage d'une serviette-éponge. Il semble vouloir me l'enfoncer dans la gorge, alors que les autres me retournent sur le ventre afin de me menotter.

Au niveau des cervicales, une poigne plonge mon visage dans le matelas. J' étouffe. Je me débats pour respirer. Un genou ? un poing ?... me frappe entre les omoplates. Sous la violence du coup, je redresse la tête. Je prends une inspiration par la bouche. Le maton en profite pour bloquer la serviette en guise de bâillon. Il serre à la manière d'un garrot. Ma mâchoire inférieure demeure bloquée grande ouverte. À cet instant, je me rends compte qu'il répète mécaniquement « ne crie pas, ne crie pas... », alors que jusqu'ici l'empoignade est étrangement muette. Maintenant ils me redressent, dénudé, menotté dans le dos et bâillonné. Dans l'encadrement de la porte, j'aperçois un groupe compact de surveillants et d'encagoulés de l' ERIS. On me pousse vers la coursive. Je traverse cette première haie d' honneur. Près de l'oreiller, celui qui me bâillonne souffle sa rengaine : « ne crie pas, ne crie pas... » Aux abords de la grille de l'étage, un comité plus important... Devant la buanderie, je reconnais le directeur Wilmot. Il regarde ailleurs. Seul un ou deux surveillants arborent un sourire narquois, les autres paraissent gênés.

Nous franchissons le sas vers l'escalier. Sur le palier, à gauche, un troisième groupe entoure Bauer, le grand directeur du CP. Dans le folklore de la pénitentiaire, lors des baluchonnages disciplinaires, les encravatés sont présents pour bien signifier que le dernier mot leur appartient. Mais quand il me voit apparaître drapé de ma nudité, il détourne les yeux et fixe le mur. Les grilles... les portes... On croise l'équipe de nuit et celle du matin. On pénètre dans le couloir principal. On dépasse le secteur administratif, l'infirmerie, la cuisine, le magasin des cautions et on parvient enfin à l'ultime sas de la détention. Derrière se presse une meute de gardes mobiles, casqués, encagoulés et serrant devant eux d'énormes boucliers anti-émeutes... En haut de la « cour d'honneur », on entre dans la salle servant de greffe. En me tordant les poignets, ils me forcent à m' agenouiller. On attend celui qui a les clés des menottes. Il me les retire et je dois rester les mains croisées sur la tête. Dans mon dos, il y a là une dizaine de personnes. La salle est étrangement silencieuse. Finalement un surveillant m'enferme.

Debout dans le clapier grillagé d'un mètre carré, je tente de remettre mes idées en ordre. Qu'est-ce qui a pu motiver cette expédition punitive ? Depuis mon arrivée, la direction a été plusieurs fois explicite : « On ne veut pas de vous, trois ou cinq mois tout au plus... » Je réclame des vêtements. Les ERIS m'ordonnent de me taire. Des pas dénudés résonnent sur le carrelage, c'est Angel, le Basque m'accompagnant depuis Arles et les Baumettes... Malgré le bâillon qui lui mange le visage, je le reconnais. Il porte un caleçon et un t-shirt. J'entends les mêmes ordres : « à genoux ! », « mains sur la tête ! »... Angel se plaint de douleurs à la jambe. Ils l' insultent et un encagoulé le menace en claquant les fenêtres donnant sur la cour. Je demande des vêtements à un brigadier s'enfuyant les yeux baissés. Il me ramène mon caleçon et des sandalettes. Charles débarque avec son escorte. Il me semble qu'il est nu. Mêmes menaces, mêmes humiliations... « A genoux », « mains sur la tête ». Comme par hasard, les trois prisonniers politiques viennent d'Arles. Nous nous retrouvons côte à côte dans cette galère. Nous échangeons quelques mots. Angel souffre... Le chef de détention apparaît près de l'entrée. On nous apporte un pantalon et un t-shirt. Un quatrième détenu est gardé à l'écart. Lui non plus ne dort pas habillé, je saisis l'ordre de lui amener une couverture.

Charles est emporté, ficelé comme un ballot. Hier au JT, le reporter s'étonnait qu'un si gentil gars comme le fiancé de la caporale English ait pu commettre des actes répréhensibles à Abu Ghraïb. Pourtant, dans le « civil », il était gardien de prison !

Avec Angel nous sommes embarqués côte à côte dans une camionnette. Les menottes broient mes poignets. Quand il affirme qu'il ne peut plus plier la jambe, un ERIS l'empoigne et le secoue violemment en lui serrant la gorge. Je proteste. L'encagoulé derrière moi me frappe puis m'agrippe le visage avec ses mains gantées de cuir noir. Il tire ma tête en arrière. Entre ses doigts, j'ai la surprise de voir le directeur Wilmot s'installer au volant. Pressé de nous chasser de sa prison, il donne un coup de main !

Et c'est dans cet équipage qu'au matin nous avons quitté la centrale de Moulins... pour un long voyage... pour la longue croisière immobile de l' isolement total. Charles au QI de Luynes, Angel à Lyon et moi au QHS de Fleury, réouvert depuis trois mois seulement.

Jean-Marc Rouillan

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# Posté le vendredi 28 septembre 2007 04:10

Modifié le vendredi 28 septembre 2007 05:21